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Le sandiniste Daniel Ortega, «bête noire» des Etats-Unis et ami du
Venezuela, se rapprochait de la victoire au premier tour de l¹élection
présidentielle nicaraguayenne après l¹annonce lundi soir des résultats
de 61,8 % des bureaux de vote par le Conseil suprême électoral (CSE).
Avec 38,58%, l¹avance de Daniel Ortega, candidat du Front
sandiniste de libération nationale (FSLN), s¹est légèrement réduite sur
Eduardo Montealegre de l¹Alliance libérale nicaraguayenne (ALN, droite)
crédité de 30,94% des voix.
Arrive en troisième position Jose Rizo du Parti libéral
constitutionaliste (PLC, droite) avec 22,93%, puis Edmundo Jarquin du
Mouvement de rénovation sandiniste (MRS) avec 7,25% et Eden Pastora de
l¹Alliance pour le changement (AC) avec 0,28%.
Le leader sandiniste, qui doit obtenir pour être élu au premier
tour au moins 35% des voix avec au moins 5 points d¹avance sur le
deuxième, retrouverait ainsi son siège de président du Nicaragua perdu
il y a 16 ans, en profitant de la division de la droite au premier tour
de la présidentielle.
Daniel Ortega, muet depuis dimanche, a appelé à la «patience» et a
voulu rassurer en citant le secteur privé. «Le Nicaragua veut améliorer
ses relations avec toute la communauté internationale», a-t-il déclaré
après un entretien avec l¹ex-président américain Jimmy Carter qui
participe à l¹observation des élections.
Lors d¹une projection globale lundi matin, le groupe
d¹observateurs indépendants «Ethique et Transparence» créditait Daniel
Ortega de 38,4% des suffrages, devant Eduardo Montealegre avec 29,52%
et Jose Rizo avec 24,15%. Après avoir renversé le dictateur Anastasio
Somoza en 1979, Daniel Ortega a dirigé le Nicaragua jusqu¹en 1990, face
à une rébellion armée financée par les Etats-Unis. Battu à l¹élection
de 1990, il a perdu par la suite deux scrutins face à des candidats de
droite.
«Nous nous préparons à un second tour», a assuré lundi Eduardo
Montealegre, évoquant des irrégularités. Il propose de vérifier vote
par vote et urne par urne le scrutin, une méthode qui rappelle le
slogan d¹Andres Manuel Lopez Obrador, le candidat de gauche battu au
Mexique. Le secrétaire général de l¹Organisation des Etats Américains
(OEA) José Miguel Insulza, s¹est déclaré lundi «satisfait» du
déroulement du scrutin, estimant qu¹il avait été «conforme au droit».
Le chef de la mission de l¹Union européenne, Claudio Fava a qualifié le
scrutin de «transparent». «Il n¹y a pas eu de fraude», a-t-il estimé.
Une polémique s¹est ouverte avec l¹ambassade des Etats-Unis à
Managua, accusée de vouloir remettre en cause le résultat. Le
département d¹Etat a lui aussi demandé d¹attendre le résultat final
avant de se prononcer. Comme dans la plupart des élections récentes en
Amérique latine (Bolivie, Equateur, Pérou, Mexique), la lutte
d¹influence entre les Etats-Unis et les régimes vénézuélien et cubain
s¹est inscrite en toile de fond de l¹élection nicaraguayenne.
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